MANTEAU MIRIAM – APOLLINE PATTERNS

L’histoire de ce manteau commence par une sombre erreur de débutant. Eh oui ! il m’arrive encore d’en faire ! Alors que j’étais en train de coudre le manteau Artemis d’I am Patterns, dans de magnifiques rideaux trouvés sur une brocante, je me suis rendue compte que l’un des côtés du manteau avait été coupé sur l’endroit du tissu et l’autre côté sur l’envers. Ne riez pas, j’ai tellement honte de moi ! Et il faut dire que cette idée de vouloir faire un manteau des des pans de rideaux, n’était pas glorieuse non plus. Mais heureusement, au moment même où je me rendais compte de mon échec cuisant, Estelle, fondatrice d’Apolline Patterns, sortait son tout dernier patron de manteau, Miriam. Un coup de coeur qui m’a vite fait oublié Artemis et ses déconvenues.

Le Modèle

Ce que j’aime dans ce modèle c’est sa coupe trapèze et son allure résolument vintage. Son encolure châle, son jeu de plis sur les épaules et dans le dos viennent développer l’ampleur du modèle. On a un peu l’impression de porter une cape avec des manches et de rehausser son allure d’un coup de baguette.

Mais ce que j’adore encore plus avec le manteau Miriam c’est son côté très versatile et intemporelle. Je peux le mettre avec tout. En plein hiver j’opte pour un look décontracté avec un col roulé, une jupe longue et des bottines. Idéal pour la neige et les hivers suédois. Pour une démarche plus dynamique, sa coupe passe également très bien avec un jean ou une combinaison. Enfin pour un tenue « So chic », c’est le manteau parfait à porter sur une robe noire et une jolie paire d’escarpin. Jamais un manteau n’aura aussi bien sublimé les robes du soir.

Sans oublier de préciser que son ampleur majestueuse lui donne un effet couvrant très apprécié des frileuses comme moi.

Le Tissu et la Mercerie

Le choix du tissu n’aura pas été une mince affaire. Je savais d’entrée de jeu que mon Miriam à moi serait « Vert Émeraude », à l’image de ma couleur et de ma pierre précieuse préférés. Je souhaitais également un lainage 100% laine pour affronter le froid scandinave qui ne m’épargne pas et donc un poids au m2 d’au moins 350g. Avec ces 3 critères en tête, je ne me facilitais pas la tâche. Mais après quelques heures à surfer sur le net et à tenter d’imaginer le rendu de tel ou tel tissu, je suis tombé sur ce lainage « Vadmal » de chez Ohlssons Tyger (360g/m2). Et là je vois déjà vos sourcils se froncer ! « Vadmal », kesako ?

Le Vadmal est une étoffe solide et chaude tissée à partir de la laine des moutons à longue toison élevée dans les fermes scandinaves. Cette toile était utilisée autrefois pour fabriquer les vêtements des célèbres vikings, leurs tentes ou les voiles de leurs bateaux. Elle servait aussi de monnaie d’échange lors de leurs expéditions. Aujourd’hui le vadmal est principalement utilisé pour la réalisation de Duffle Coat ou de manteaux d’hiver. Vous l’aurez compris, peu de lainages sont aussi chauds et imperméables que le Vadmal. Et croyez-moi, j’en ai fait l’expérience, ce manteau est fait pour les hivers rudes. Il m’aide à affronter les tempêtes de neige et est aussi chaud que ma doudoune d’hiver.

Pour la doublure, j’ai opté pour une popeline de coton marine à petites fleurs trouvé en vrac chez Ohlssons tyger. Même si ce choix est principalement étique, j’avoue que je regrette de ne pas avoir fait le choix d’un tissu un peu plus glissant car mes vêtements accrochent quand j’enfile Miriam. Surtout au niveau des manches quand je porte des pulls épais.

Pour plus d’inspiration sur le tissu, voici l’article du blog d’Apolline Patterns qui vous aidera dans votre choix.

En ce qui concerne le métrage, pour les tailles 34 et 36, le patron recommande 3,10 m de tissu principal et 2,30 m de doublure. De mon côté comme j’avais une petite promotion sur ce vadmal émeraude, j’ai acheté 4,50 m et il m’en reste 1,50 m. Quid de ce que je vais bien pouvoir en faire car je n’ai pas encore trouvé de patrons de manteau/veste femme qui requiert si peu de tissu !? Si vous avez des idées, je suis amplement preneuse.

Pour la réalisation de ce manteau, j’ai également eu besoin d’1,50 m d’entoilage thermocollant pour manteau et d’un bouton de 2 cm de diamètre que j’ai trouvé dans mon stock. Pour le choix de l’entoilage, j’utilise généralement ce tableau qui indique la référence à utiliser en fonction du projet et du tissu.

Le Patron

Passons maintenant au Patron. Comme toujours avec Apolline Patterns, le patron du manteau Miriam est disponible au format pochette et PDF. Pour des raisons pratiques et habitant à l’étranger, j’opte généralement pour le PDF mais j’avais une petite hésitation cette fois car il s’agit d’un manteau ample doublé avec de larges pièces et je craignais d’avoir énormément de pages à imprimer et assembler. Heureusement Estelle a tout prévu car le pack PDF contient 3 formats de planches à imprimer (A4, A3 et US Letter).

  • A4 : 30 pages pour le tissu principal + 26 pages pour la doublure
  • A3 : 18 pages pour le tissu principal + 13 pages pour la doublure
  • US : 34 pages pour le tissu principal + 27 pages pour la doublure

Aussi je vous conseille de bien regarder avant d’opter pour le patron pochette ou PDF. En fonction de votre imprimante, la pochette peut être au final plus économique. En revanche, grâce aux calques du patron PDF, on peut imprimer uniquement la taille désirée.

D’ailleurs parlons un peu de la taille. Étant une habituée des patrons Apolline Patterns, je me suis orientée sur ma taille habituelle, le 34 dont les mensurations sont quasi identiques aux miennes. Je n’ai donc pas fait d’ajustement. J’aurai pu raccourcir de 3 cm mesurant 165 cm, mais en réalité, j’avais envie d’un manteau très long, du coup je n’ai rien modifié. J’ai tout de même fait une toile pour vérifier que la carrure et les emmanchures tombaient bien. Mais pour celles qui souhaitent réaliser des ajustements, Estelle a prévu un petit livret dans lequel elle explique notamment comment re-dessiner le patron si on est entre deux tailles et comment ajuster la longueur et les épaules. Des lignes sont également indiquées sur le patron pour repérer l’endroit où réaliser ces ajustements.

Astuce : J’ai toujours la phobie de perdre des pièces, surtout sur les gros projets. Aussi je vous conseille, comme moi, de bien marquer toutes vos pièces sur l’envers (j’épingle sur l’envers un petit papier avec le nom de la pièce). Cela m’aide aussi à repérer plus facilement l’envers. En parrallèle, je fais une petite liste des différentes pièces sous ce format.

Nom de la pièceTissu / DoublureDécoupeEntoiler
ABuste devantTissuX 2Non
BBuste dosTissuX 1 sur le pliNon
CParementure devantTissuX 2Oui
DParementure dosTissuX 1 sur le pliOui
EBuste devantDoublureX 2 Non
FManchesTissu / DoublureX 2 (tissu et doublure)Non
GBuste dosDoublureX 1Non
HFond de pocheDoublureX 4 Non
IFond de poche passepoilDoublureX 2 Non
J PassepoilTissuX 2Oui

Petite précision : Est il indispensable de laver son lainage en machine pour le décatir avant la couture ? La réponse est non et je ne vous le conseille pas car vos lainages contenant de la laine pourraient beaucoup rétrécir voir même être inutilisable. Et si on y réfléchit bien, il est assez rare de passer son manteau à la machine, la consigne est plutôt au nettoyer à sec. Aussi, je vous conseille de passer un petit coup de fer vapeur avant la découpe de votre tissu.

Le Montage

J’apprécie beaucoup la rigueur que met Estelle dans ses instructions de montage. Les livrets d’explications sont toujours très bien faits et illustrés de schémas particulièrement explicites. Et pour celles qui préfèrent les explications en image ou qui auraient besoin de compléments sur certains points, les tutoriels vidéos sont toujours disponibles.

Estelle indique sur son site internet que le manteau Miriam est accessible au niveau débutant/intermédiaire. Je serai un peu plus mitigé de mon côté car, même si chaque point technique est faisable pour un grand débutant motivé, la combinaison de ces points fait que pour une belle réalisation je suggèrerai plutôt un niveau résolument intermédiaire. Ceci n’empêchant pas les grands débutants de s’y lancer pour acquérir de nouvelles connaissances.

Parmi les points techniques, on trouve :

  • la réalisation de plis plats et plis creux
  • la pose d’un col châle
  • la réalisations de poches passepoilées
  • la pose d’une doublure
  • le glaçage
  • la gestion des épaisseurs de tissu avec la machine à coudre

De mon côté je n’ai pas réalisé la poche passepoil à l’intérieur du manteau car je n’utilise jamais les poches intérieures, notamment pour ne pas les trouer. De plus, je ne voulais pas rajouter d’épaisseur au niveau de la poitrine.

Point machine : Comme mon lainage était épais, j’ai augmenté un peu la tension de mon fil et j’ai utilisé une aiguille universelle de 100. Pour le fil, j’ai utilisé un fil classique Gütterman Polyester. En sachant que l’idéal serait d’utiliser un numéro métrique d’au moins 80 pour des lainages un peu épais. Enfin comme le manteau est entièrement doublé pas besoin de surjeter les bords.

Le Mot de la Fin

On en parle de cette idée de coudre un manteau fin janvier alors même que l’hiver se finit dans un mois ? Allez avouez, ça vous arrive à vous aussi de coudre du presqu’hors saison ?! Heureusement nous avons été gâté cette année et la grande vague de froid ne m’aura pas fait regretté cette cousette. Et même si les températures sont bien remontées et désormais positive à Stockholm, nous ne sommes pas à l’abri d’un rafraichissement soudain. Car honnêtement qui arrive à prévoir la météo avec ce climat que nous avons complètement détraqué ???

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