Veste Pagnol – Artesane

Issue du premier numéro des Cahiers d’Artesane « Mélancolies Solaires », cette veste porte le nom du cinéaste français dont l’accent me transporte spontanément dans les champs de lavande. Je peux sentir au loin l’olivier et entendre le doux crissement des cigales. Un sourire vient alors se dessiner sur mon coeur. Nostalgique de ne pouvoir me réfugier dans mon petit coin de sud ouest, c’est dans cette veste, cet été, que je vais me blottir et faire semblant d’apaiser mon manque.

Une veste qui, tout en me rappelant mon accent chantant, vient s’orner de feuilles de Ginkgo et prendre des airs de Japon. Si les voyages sont loin pour moi, j’essaye de parcourir dans ma tête cette nature luxuriante qui illumine mes sens et me transporte ailleurs.

Le Modèle

Si j’ai voulu donner à cette veste Pagnol des airs de Japon, c’est parce que sa coupe droite et son emmanchure très basse me rappelle étrangement la forme d’un kimono. Et c’est encore plus vrai quand on opte pour la version longue et ceinturée à la taille. L’allure très casual du modèle d’origine est alors relevé par une ligne plus longiligne et une taille beaucoup plus marquée. On obtient ainsi un modèle très féminin et élégant.

Dans ses cahiers, Artesane propose multitude de variations qui permettent de jouer avec ses envies et de donner à sa veste un style qui lui est propre. On peut ainsi en faire un modèle graphique grâce à un jeux de découpes triangulaires, ou en faire un modèle très couture en y apposant des galons de toutes sortes (rubans brodés, passepoils, cordons tressés…). C’est grâce à tant de propositions que ce modèle nous invite à la créativité et au voyage.

Le Tissus, Le Métrage et Les Fournitures

Pour réaliser cette veste à l’esprit Japonais, j’ai opté pour un Jacquard argenté dont le motif laisse apparaître des feuilles de Ginkgo aussi appelé « Abricotier d’argent ». Un arbre d’origine chinoise apparu il y a des millions d’années mais que l’on trouve également sur les île Nippones. C’était donc le tissus parfait pour réaliser cette veste. Un tissu offert par ma douce maman que l’on trouve chez Mondial Tissus et qui est proposé dans différents coloris : rose, turquoise, champagne… Mais comme vous pouvez le voir c’est vers les reflets d’argents que je me suis tournée, essayant de faire honneur à l’arbre qui porte les jolies feuilles de Ginkgo.

Même si le Jacquard est un tissu facile à travailler, car assez rigide, c’est cependant un tissu qui s’effiloche énormément. En effet, pour obtenir la texture et le relief du Jacquard, les fils sont tissés de manière plus ou moins serrés en fonction des endroits ce qui laisse la liberté au fil de s’échapper sur les bords. Pour nous aider dans le travail du Jacquard, Artesane nous propose tout un chapitre dédié dans une vidéo qui accompagne le magazine. On nous apprend ainsi à entoiler les endroits où les fils sont plus lâches mais aussi à entoiler tout le tour de chaque pièce au moyen d’une bande d’entoilage coupée dans le biais. Ainsi les endroits fragiles sont sécurisés et le travail du Jacquard est beaucoup plus aisé.

Pour la doublure de ma veste Pagnol, j’ai opté pour une toile fine de coton blanc. C’est très simple mais ça passe très bien avec les reflets argentés du Jacquard et lorsque je fais un revers sur les manches.

Concernant le métrage, Artesane recommande 2 mètres de tissus mais je n’en ai utilisé que 1,20 mètre alors que j’ai fait la version longue ceinturée. Même si c’est le petit point négatif de leur patron, je ne leur en veux pas trop car cela m’a permis de faire mon petit short assorti. Et, soyons sincère, cet excédant de tissu est probablement du au fait que j’ai réalisé la plus petite taille.

Le Patron

J’ai décidé de réaliser la taille 34 qui est un peu en dessous de mes mensurations habituelles. En effet, lorsque j’ai mesuré les pièces sur la planche à patron, je me suis rapidement rendue compte que le 36 serait beaucoup trop grand et qu’il fallait que je m’oriente vers la plus petite taille.

Parlons maintenant du patron en lui-même. Le magazine est proposé avec une planche à patron, il faut donc décalquer chacune des pièces :

  • Le Devant (que l’on coupe 2 fois dans le tissu et 2 fois dans la doublure)
  • Le Dos Tissus Haut (que l’on coupe 1 fois au pli dans le tissu)
  • Le Dos Tissus Bas (que l’on coupe 1 fois au pli dans le tissu)
  • Le Dos Doublure (que l’on coupe 1 fois au pli dans la doublure)
  • La Manche (que l’on coupe 2 fois dans le tissu et 2 fois dans la doublure)
  • La Patte de boutonnage (que l’on coupe 2 fois dans le tissu et 2 fois dans la doublure)
  • La Ceinture (que l’on coupe 2 fois dans le tissu)

Une pièce de poche est également proposée mais comme j’ai choisie la version longue ceinturée, j’ai décidé de ne pas réaliser les poches. Elles risqueraient de bailler lors du cintrage de la veste.

Le planche à patron inclus les marges de couture de 1 cm ce qui est un vrai plus. Par contre, comme elle est imprimée en noir et blanc et que 3 patrons se superposent, il est assez difficile d’entrevoir les pièces à décalquer. Je suggère donc de les surligner avec un marqueur fluo afin de bien les distinguer.

Une fois le décalquage effectuée on peut réaliser facilement ses ajustements morphologiques grâce aux indications d’Artesane. Un chapitre est en effet dédié à l’adaptation des patrons. On peut ainsi allonger ou raccourcir la ligne d’épaule ou encore ajuster la longueur de la veste tout en déplaçant les poches. De mon côté je n’ai rien touché étant donné que j’avais décalqué une taille inférieure à celle de mes mensurations. J’ai juste croisé les doigts. Mais le résultat est vraiment très bien et je ne me sens absolument pas engoncée, bien au contraire.

Pour réaliser la version longue ceinturée, il a tout de même fallu que je suive les instructions du chapitre dédié aux variations de style pour rallonger les pièces de dos et devant et pour tracer la pièce de ceinture. Rien de bien compliqué car nous sommes guidés pas à pas dans toutes ces modifications grâce à des schémas très explicites qui nous aident à retracer le patron pour en faire un modèle unique.

Le Montage

Le montage de la veste est tout aussi simple et guidé.

Il y a d’abord le pas à pas du Magazine qui explique les étapes dans les grandes lignes. Mais il y a également un accompagnement vidéo auquel on peut accéder facilement sur la plateforme Artesane. Il suffit de se laisser guidée par les explications de Marie-Gabrielle qui sont, somme toute, très complètes. Elles sont si denses que ce projet de veste pourrait parfaitement être réalisé par un grand débutant en couture surtout lorsque, comme moi, on opte pour une version non passepoilée et sans découpe.

Il m’a simplement fallu, dans les grandes lignes :

  1. Préparer les 2 pattes de boutonnage en assemblant le tissu et la doublure, endroit contre endroit.
  2. Coudre les 2 pattes de boutonnage ainsi formée, endroit contre endroit, avec le 2 devants de la veste.
  3. Coudre le dos et les 2 devant de la veste par les épaules et par les côtés (réaliser cette étape dans le tissu principal puis dans la doublure).
  4. Réaliser les coutures de dessous de manches en pliant la manche en deux endroit contre endroit (réaliser cette étape dans le tissu principal et dans la doublure).
  5. Assembler les manches et au corps de la veste en réalisant la couture d’emmanchure (réaliser cette étape dans le tissu principal et dans la doublure).
  6. Coudre la veste à la doublure endroit contre endroit. Cette étape est certainement la plus délicate même si elle n’est pas complexe, il suffit juste de bien suivre les indications vidéos pour ne pas faire vriller les manches.
  7. On finit en réalisant la ceinture que l’on va coudre tout autour, endroit contre endroit. On laisse juste une petite ouverture pour pouvoir la retourner.

Rien de bien méchant en définitive si on prépare bien son tissus. En plus, pas besoin de surjeteuse ! Comme cette veste est entièrement doublée, on peut parfaitement la réaliser entièrement à la machine à coudre sans surfilage. Pour l’aiguille, j’ai utilisé une aiguille universelle 90.

Le Mot de la Fin

A défaut de se trouver en plein coeur du Japon, c’est au milieu des forêts suédoises que nous avons réalisé le shooting de cette veste Pagnol. Un univers naturel où le parfait équilibre entre la terre, l’eau et la nature vient apaiser notre esprit et nous offrir un peu de sérénité. Après des mois de climat anxiogène, on retrouve enfin une forme de paix intérieure que l’univers nous offre de manière inconditionnelle. Alors malgré la tristesse de ne pouvoir serrer les miens dans mes bras, « Gratitude » est le mot que j’emploierai pour clôturer ce billet.

4 commentaires sur “Veste Pagnol – Artesane

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