Blouse Cherry Cocktail – Alice Hammer

Cela faisait plus de deux mois que je trimbalais ce projet tricot absolument partout. Dans le métro suédois, au travail, au café du coin ou encore dans mon lit, répandant ainsi très allègrement des filaments de mohair en tout lieu.

C’est donc sans trop de surprise qu’un soir de décembre ma blouse Cherry Cocktail est enfin tombée de mes aiguilles. Quel bonheur, quelle joie intense s’est emparée de moi lorsque j’ai porté pour la première fois ce modèle de la designer Alice Hammer. Des manches bouffantes, un décolleté dans le dos, un très beau drapé. Tout ce que j’adore. Et j’avoue que je rêvais profondément d’une blouse en laine pour rester élégante quand il fait -10 degrés à Stockholm.

Mais avant de pouvoir en profiter il m’aura fallu être bien patiente. Non pas que ce modèle est complexe mais parce que mon travail me laissait assez peu de temps libre à y consacrer. Quelques minutes de Jersey tous les 2 à 3 jours, un peu plus le week end. Au final, pas suffisamment pour finir ce projet dans le temps que j’avais initialement prévu. Mais ne nous lamentons pas car aujourd’hui ce tricot est sur mes épaules et je suis sagement installée dans mon canapé pour vous raconter son histoire.

La laine

Sans laine, pas de pull. C’est un peu le début de toute histoire de tricot. Et ici, je dois même avouer que j’ai trouvé la laine avant le patron. C’était un jour où je trainais à la librairie, en quête de livres et d’attentions à offrir. J’emprunte les escaliers d’Ad Libris sur Kungsgatan et je tombe nez à nez sur deux étagères remplies de laine de toutes les couleurs. Sur le sol, des panières pleines de pelotes de laines. Sur les murs, des présentoirs d’aiguilles circulaires ou plates… Un paradis pour tout addict du tricot. Bien évidemment je n’ai pas pu me retenir et j’ai commencé à fouiner quand je suis tombée sur la laine duveteuse du mohair. Et ce qui devait arriver arriva. En grande amoureuse de cette laine, j’ai pris un panier, j’y ai glissé 5 pelotes de la couleur Pêche Saumon et 5 pelotes de la couleur Rusty Orange. Et ça sans aucune idée de patrons en tête. Eh oui ! le tricot ça rend parfois fou !

Levons maintenant le voile sur cette précieuse Laine. Et bien je vais probablement vous décevoir car il s’agit d’une laine sans marque particulière. Elle est tout simplement distribuée sous le nom de l’enseigne Ad Libris. Concernant la matière c’est une Super Kid Mohair et Soie (54% de mohair et 46% de soie) vendue en pelote de 25gr. Comme je n’ai jamais utilisée cette laine auparavant, j’ai assez peu de recul sur sa qualité mais je dois tout de même indiquer qu’elle est très agréable à tricoter et qu’elle est vraiment très douce. Moi qui suis assez douillette, il m’arrive régulièrement de mettre un tee-shirt sous mes pulls en Mohair. Avec cette laine je n’en ai même pas besoin tellement elle est douce. Ce qui est probablement due au pourcentage assez élevé de soie.

Bon ! Une fois qu’on a la laine il faut maintenant trouver le patron qui va bien. Quelques clicks sur Ravelry, je vais sur ma bibliothèque des favoris, je filtre et je tombe sur cette blouse tricotée qui m’avait tapée dans l’oeil. Ni une, ni deux. J’achète et je me lance.

Alice Hammer recommande de tricoter avec 2 fils de Plumette de chez La Droguerie qui est également une base de Mohair. Pour ma part, ma laine étant composée de plusieurs brins, un seul fil m’a suffit à tricoter ma blouse.

La taille, les aiguilles et le métrage de la laine

J’ai la laine, j’ai le patron, il me faut maintenant définir la taille et faire un échantillon.

Le Patron ne disposant pas de tableaux de tailles, je me suis aidée du jolie schémas d’Alice avec les mensurations finies de chacune des tailles. J’ai ainsi pu reporter sur moi les différentes tailles et comparer avec les pulls de mon dressing. J’en suis arrivé à la conclusion que la taille S serait largement suffisante. Et j’ai eu bien raison malgré ma frayeur en montant les mailles du corps et des manches. Ils me semblaient vraiment minuscule au départ. Alors, si vous aussi, en montant les mailles vous avez cette même peur, surtout ne vous arrêtez pas, continuez sur 10 cm et vous verrez que les augmentations permettent de donner suffisamment d’ampleur à la blouse. Les côtes sont ainsi bien resserrées et elles permettent de donner un beau blousant à votre tricot.

Bien évidemment on ne part pas dans un nouveau projet tricot sans faire d’échantillon en amont. C’est grâce à cela que je me rends compte que je tricote toujours un peu serrée. C’est pourquoi, au lieu d’utiliser des aiguilles 4 cm pour le bord-côtes et 5 cm pour le corps, j’ai décidé d’utiliser des aiguilles 4,5 cm pour le bord-côtes et 5,5 cm pour le corps.

Et vient la question un peu existentielle de tout tricot. Vais-je avoir suffisamment de laine ? Pour cet ouvrage, j’ai utilisé au total 7 pelotes de 112 mètres soit 784 mètres de laine. En sachant qu’Alice recommande pour cette taille 1650 mètres. Mais attention sa laine est doublée ce qui ramène à 825 mètres si sa laine n’était pas doublée.

Le montage

Passons maintenant à la partie la plus longue: le montage. Mais c’est aussi la partie la plus fun, celle que j’adore et qui me procure tellement de bien. Le tricot c’est un peu une thérapie, une activité qui me permet de focusser sur des choses qui m’enchantent. La douceur de la laine me détend, elle me procure un profond bien-être.

Mais ne nous évadons pas et restons bien concentré sur notre tricot. Ce pull se tricote en rond et en bottom-up soit de bas en haut.

D’abord on tricote le corps. On commence par des côtes 1/1 avec les aiguilles de 4,5 puis on change pour des aiguilles de 5,5. Là, on passe en jersey endroit, on fait une série d’augmentations et on poursuit en jersey jusqu’à hauteur de poitrine. On met les mailles du corps en attente, la première étape est terminée. Pour cette étape, j’ai choisi un câble de 60 cm ce qui est suffisant pour le corps mais pas trop grand. La bande de côtes étant assez étroite, rappelons-le, il est nécessaire d’avoir un câble de circonférence accessible et peu large.

Dans la deuxième étape on va tricoter les manches de la même manière que le corps. C’est à dire qu’on commence avec des côtes 1/1 en aiguille 4,5, on change pour des aiguilles 5,5, on fait des augmentations et on poursuit en Jersey endroit jusqu’en haut des manches. Pour les manches, Alice recommande d’utiliser des aiguilles double-pointes. Personnellement, j’ai beaucoup de mal à les manier et j’ai donc préféré utiliser la technique du Magic Loop au moyen d’un câble de 80 cm.

Puis la dernière étape arrive, on rassemble les 2 manches et le corps sur un seul câble. Pour ma part j’ai choisi un câble de 80 cm qui est suffisamment large pour accueillir toutes les pièces de mon tricot. On va maintenant tricoter en jersey endroit le haut du corps et les épaules c’est à dire l’empiècement. On commence par le tricoter en rond puis, au bout de quelques rangs, on va tricoter en aller-retour afin de former le décolleté dans le dos. Le tout agrémenté de diminutions très bien travaillées pour qu’elles soient les plus invisibles possible. Enfin, on fait une petite série de wrap and turn et on rabat les mailles de l’encolure de manière élastique.

Voici les techniques utilisées pour la réalisation de ce tricot. Vous pouvez notamment en retrouver certaines dans les fiches techniques d’Alice Hammer.

  • Le montage des mailles élastique Alternate Cable Cast On
  • Le rabattage des mailles élastiques
  • Les Côtes 1/1
  • Le Point Jersey
  • Les augmentations par un jeté tricoté torse
  • Les diminutions simples

Les finitions et le Blocage

Une fois mon tricot tombé des aiguilles, il restait encore quelques étapes. Et ce, même si ce tricot est quasiment sans couture. Un point que j’apprécie tout particulièrement car si il y a bien une chose que je n’aime pas en tricot ce sont les coutures.

Tout d’abord il m’a fallu grafter les quelques mailles qui étaient restées en attente sous les bras. On parle juste de quelques mailles ce qui m’a pris 15 minutes grand maximumm pour les 2 bras. Une bonne chose de faite. Puis j’ai profité d’avoir mon aiguille à laine en main pour rentrer les quelques fils qui dansaient tout autour de mon tricot.

Après cela je me suis lancé dans le petit détail qui fait toute la différence. La petite chaînette et la pose du bouton qui ferme le décolleté du dos. La chaînette se fait au moyen d’un crochet de 3. Et il faut que je vous dise un secret, c’était la première fois que je réalisais une chainette. J’ai même dû regarder sur YouTube. Bon! ne rigolez pas, il y a un début à tout.

Enfin, après tant d’efforts, il ne me restait plus qu’à passer au blocage. Un évier rempli d’eau tiède, un peu de savon de Marseille (l’authentique cube de maman), un essorage délicat (avec la technique du Burrito), un étendage à plat sur mon tapis de yoga rose bonbon, une nuit de séchage (merci le chauffage au sol) et DRING ! Bonheur ultime au pied du lit, ma blouse fin prête pour tant d’aventures. Je l’aime déjà un peu, beaucoup, à la folie !

Le mot de la fin

Pour le mot de la fin j’avais envie de partager avec vous la formidable séance de shooting qui a eu lieu cet après-midi. En Suède il fait nuit tôt, très tôt, trop tôt. Trop tôt pour que nous puissions profiter de la neige et faire des photos contextualisées. On a bien essayé d’utiliser encore une fois le sapin de noël en fond. Mais rien n’y faisait. La lumière manquait. Rien n’allait. Alors mon cher et tendre mari a tenté le tout pour le tout. Il a sorti tout son attirail de photographe, son plus bel appareil (qui pèse au moins 10 tonnes), le trépied, le flash à distance, la speed light, une lampe à lumière naturelle, …. Puis il s’est mis à retiré les cadres du mur, pour faire dans notre salon un véritable studio photo. Mon dieu, j’étais tremblante de peur. Pas très envie de faire la potiche sur fond blanc. Puis il a fait trembler les enceintes du salon avec George Michael et il m’a demandé de m’amuser. Un peu timide au début, je me suis lâchée jusqu’à en avoir les larmes aux yeux. Voir toute son énergie mise à profit pour mon blog, voir ses yeux d’homme amoureux, entendra sa voix me dire que je suis belle (alors que je ne vois vraiment pas pourquoi). J’ai vécu un moment magique, plein d’amour et tout ça grâce à ce pull. Alors merci blouse Cherry Cocktail. ❤️

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