La « Slow Fashion » ? Kesako ?

Depuis quelque temps, cette expression est présente un peu partout, utilisée à tout va dans les magazines, sur le web ou même par nos marques préférées. Mais on a du mal à s’y retrouver et à savoir ce qu’est réellement la « slow fashion ». Je dois vous avouer que j’ai eu du mal moi-même à percer le mystère de ce nouveau concept à la mode. Pas d’inquiétude, mon article devrait aider à débroussailler le terrain.

La « Slow Fashion », un contre-pied de la « Fast Fashion »

Vous l’avez certainement remarqué mais, depuis de nombreuses années, certaines enseignes de mass market très populaires nous proposent jusqu’à 52 collections par an et ce à des tarifs défiant toutes concurrences. Elles nous offrent ainsi toujours plus de choix, et nous poussent à la consommation constamment. Ceci est rendu possible grâce:

  • à des matières premières moins couteuses (et donc de moins bonne qualité)
  • une production concentrée dans des pays asiatiques (pour la majorité) où la main d’oeuvre est très peu chère
  • des conditions de productions et d’approvisionnements denses et très peu respectueuses de l’environnement
  • des conditions de travail très médiocres pour les ouvriers et donc peu respectueuses de l’homme.

Et c’est un cercle vicieux car le rythme effréné des collections, combiné aux prix attractifs et à la qualité médiocre des matières premières conduisent le consommateur à consommer toujours plus. J’imagine que, pour la majorité d’entre vous, vous vous êtes déjà retrouvé dans la situation suivante: vous passez devant la vitrine d’une de ces enseignes très populaires, elle expose une jupe ou un tee-shirt tendance pour un prix super attractif. Elle vous plait et plutôt que de vous demander si vous en avez vraiment besoin (vous en avez déjà 10 dans votre placard), vous vous dites « le prix est canon ! c’est une super affaire! à ce prix là, ça ne se refuse pas ». Résultat ? Vous l’achetez et la saison prochaine votre jupe sera complètement passée ou n’aura pas résisté aux 50 lavages en machine. Vous êtes bon pour jeter et …. RACHETER ! Multipliez ce scénario par le nombre de consommateurs et vous avez un phénomène de « mass consommation » amplifié. En bout de chaine c’est l’environnement et les petits bonshommes qui produisent tous ces vêtements qui payent ce rythme effréné !

La « Fast Fashion » c’est aussi la frustration continuelle pour le consommateur à qui l’on propose toujours plus mais qui, malheureusement (ou heureusement), ne pourra jamais tout posséder. Elle nous propose une mode rapide, qui se fane à chaque saison et nous fait croire que dans quelques mois toute notre garde-robe sera démodée ! C’est aussi une mode du copié-collé où chaque individu répond à la standardisation de son look. Ma collègue de bureau et ma soeur ont acheté la même robe chez *****, donc elle est tendance, donc je vais aller ma l’acheter !

Il faut que tout cela cesse ! La machine de la « Fast Fashion » s’use et on commence à comprendre l’effet pervers et négatif de ce système. C’est pourquoi, progressivement la « Slow Fashion » a fait son apparition. Mais kesako ?

La « Slow Fashion », un mouvement positif

La « Slow Fashion » a été conçu pour répondre à tous les impacts négatifs de la « Fast Fashion ». En d’autres termes les marques engagées dans la « Slow Fashion » essaient d’agir sur 3 axes :

  1. Allonger la durée de vie du produit : Proposer des produits à la mode mais en prenant soin de sélectionner des matières premières de qualité. En allongeant la vie du produit on va aussi proposer une mode plus longue et donc moins vectrice de frustration pour le consommateur. Le produit sera encore à la mode dans un an ! Youpi ! J’ai d’ailleurs remarqué que la « slow fashion » se centrait beaucoup sur les basiques que l’on peut customiser à souhait et mixer facilement avec les autres éléments de sa garde-robe.
  2. Le respect de l’environnement et de l’homme : Cela passe par une production plus locale et moins délocalisée, des matières premières moins polluante, des techniques d’approvisionnement plus respectueuses de l’environnement, des conditions de productions plus respectueuses de l’homme.
  3. Offrir la possibilité d’une seconde vie au produit. A Stockholm j’ai vu que la marque Filippa K disposait d’un magasin dédié entièrement à la seconde main. Le consommateur ramène un produit de la marque dont il souhaite se séparer et la boutique le revend à un autre consommateur. C’est un bon moyen de rallonger la vie du produit et de produire moins de déchets. D’autres enseignes proposent de collecter des vêtements usagés pour les recycler et utiliser la matière première recyclée dans un nouveau cycle de production.

Côté consommateur « La Slow Fashion » est devenu une façon de concevoir sa consommation de vêtement et cela passe principalement par :

  • le minimalisme qui est d’ailleurs très présent dans les pays nordiques et qui considère que nous devons avoir dans notre garde-robe uniquement les vêtements dont nous avons besoin. Tout vêtement que l’on ne porte jamais ou que l’on porte seulement une à deux fois par an n’y a pas sa place. Pour cela vous pouvez aussi utiliser la méthode KONDO.
  • la customisation de sa garde-robe. C’est ici la possibilité de redonner vie à un vêtement qui trainait au fond de l’armoire. Par exemple utiliser un vieux jean pour en faire un short ! La customisation existe depuis très longtemps mais ces dernières années elle s’est vraiment développée grâce à la mode du DIY et la recrudescence des tutos, vidéos, blog apportant toujours plus d’idées.
  • la re-vente ou l’achat dans des boutiques de secondes-main. Depuis maintenant près de 5 ans on voit se multiplier les applications et les sites internet de vide-dressing. Ils sont un bon moyen de vider son armoire mais aussi de donner une seconde vie au vêtement plutôt que de le mettre à la poubelle. On peut citer Vinted, Vide dressing.com, ou encore la market place de Facebook. Les marques aussi s’y mettent en vous proposant sur leur site internet une plateforme dédiée au vide dressing. C’est le cas de l’enseigne Camaïeu. Pensez aussi aux brocantes et aux boutiques vintage de votre quartier afin de rendre ce geste encore plus local !

Comment consommer « Slow Fashion »?

La question que vous pourriez vous posez est « comment je sais que je consomme mieux ou pas ? ».

D’abord vous pouvez utiliser la méthode BISOU qui vous permettra de vous interroger sur la raison, l’utilité, le besoin d’acheter une nouvelle robe.

  • Besoin : A quel besoin cet achat correspond il ?
  • Immédiatetés : Dois-je acheter cette robe immédiatement ?
  • Semblable : Ai-je déjà quelque chose de semblable dans ma garde-robe ?
  • Origine : Quel est l’origine de ce produit ?
  • Utile : Cet achat me sera t-il utile ?

Par ailleurs vous pouvez aussi vous renseigner sur l’éthique de la marque, son lieu de production, ses méthodes de fabrication, les matières utilisées. Sur ce point n’hésitez pas à consulter l’article de Vert-cerise : « Des tissus écologiques et responsables pour coudre, c’est possible? » Cet article décode les tissus et vous donne des indications sur l’impact écologique de chaque tissus. Mais une chose est certaine vous ne ferez pas de bons choix sans avoir lu les étiquettes et pour cela la communauté SLOWEARE a conçu sur son site internet « un guide des étiquettes ». Je ne peux que vous recommander de le télécharger sur votre téléphone et de l’avoir avec vous lors de vos cessions shopping. Au delà de ce guide le site offre une mine d’or et une liste de bonnes adresses « Slow Fashion ».

En marge de cela, n’hésitez plus à customiser vos vieux vêtements ou à utiliser les plateformes de seconde-main pour leur donner une seconde vie. Vous pourriez même y trouver des articles vintage trop canon.

Enfin, je crois qu’il est aussi important de se poser la question de son style: ai-je envi que ma garde-robe ressemble à celle de ma voisine ? ou je préfère créer mon propre style en chinant à droite à gauche des pièces qui me plaisent réellement et que je prendrais plaisir à porter. N’oubliez pas que porter un vêtement est une part de notre identité alors ne laissez plus la mode dicter qui vous devez être ! Faites que vos vêtements vous adoptent !

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